Le tricot, une culture vivante

Ma rockstar, Jeanine me dit toujours « Ah, la culture c’est pas facile »

Suite à l’excellente émission du programme de France Culture « La conversation scientifique » avec François Julien sur la notion actuelle d’ « Identité culurelle », j’ai tenu un dialogue intérieur sur la ressource cuturelle ancestrale qu’est le tricot. Avant tout, sachez que François Julien refute ce terme (titre de son livre : « L’identité culturelle n »existe pas ») et parle de ressources culturelles.

Depuis des siècles, le tricot mute et se transforme au grè des générations et des pays. Les tricoteuses et tous les acteurs du tricot l’ont compris ; les différences permettent la richesse du dialogue (les nombreux café-tricots qui s’ouvrent un peu partout en France).

Le tricot est une ressource culturelle exploitée par tous les pays du monde avec des spécificités qui sont autant d’écarts qui maintiennent le travail des uns en regard des autres (par exemple, en ce moment nous entendons beaucoup parler de l’Islande dans le tricot en France).

Les différents acteurs du tricot tendus dans ce regard engagent alors une prospection vers de nouvelles techniques et astuces et maintiennent le dialogue qui les anime depuis des siècles, en n’excluant pas par différence mais en incluant leur commun (la technique en rond de l’anglaise Elizabeth Zimmerman qui a révolutionné le tricot).

Les tricoteuses et  les producteurs de fils, les teinturiers, les filatures sont des aventuriers et n’ont pas peur de faire le grand écart entre les différentes techniques. Depuis des siècles, ils frayent de nouvelles voies et ajoutent des ressources à leurs cultures pour assurer leur mutation et leur transformation (exemple : les fils végétaux en bambou pour les vegans).

L’exploitation de cette ressource se déploie et s’active par les générations à travers les siècle. Ce commun partagé par tous ses acteurs ne s’est jamais replié sur lui-même n’a jamais procédé par différences mais par ajout au commun et éviter ainsi l’exclusion que produit le communautarisme..

Précisons, un savoir-faire ne s’influence dans l’instant. C’est en évitant de marquer la différence et de se replier sur celui-ci  qui le distingue mais au contraire en laissant entre-ouvert cet écart existant entre les différentes cultures que les acteurs du tricot ont travaillé les uns en regards des autres.

Nous défendons ainsi la culture du tricot non pas en le protégeant mais en l’exploitant, en l’activant et en la déployant. Ainsi toujours mis en tension, le tricot est encore au XXIème siècle, une culture vivante .

Pensons-y pour la ressource culturelle française en général et pour assurer sa mutation et sa transformation dans le temps.

Sur une lecture de François Julien « Il n’y a pas d’identité culturelle » de Edition de l’Herne 2016
(93 pages)

 

 

Publicités

3 commentaires sur « Le tricot, une culture vivante »

  1. Merci et bravo pour cet excellent article, Nanou! Je viens d’ailleurs de le relayer sur la page Facebook de Mouton Noir ;-).
    J’ai commencé à écouter La conversation scientifique suite à un de tes commentaires et la trouve très intéressante.
    C’est vrai que le tricot, s’ il est ancré dans certaines cultures (Islande, Norvège, Irlande,…) m’a toujours semblé ouvert et perméable. Je pense par exemple au livre de Kate Davies « The book of haps », dans lequel des stylistes de cultures différentes s’ approprient le « hap » écossais et lui intègrent des éléments de leur propre tradition sans que personne ne s’ en offusque.
    Bon week-end 🙂

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s