A la recherche du féminin

Henrik Ibsen tenait le propos dans sa pièce de théatre « Une maison de poupéé » (1879) : « qu’une femme ne peut être elle-même dans la société contemporaine, c’est une société d’hommes avec des lois écrites pour les hommes, dont les conseillers et les juges évaluent le comportement féminin à partir d’un point de vue d’homme. »

Le texte d’Ibsen, répertorié au patrimoine de l’Unesco, mettait déjà en avant le rapport de domination de l’homme sur la femme. Et à l’époque, la fin de cette pièce avait été censurée par de nombreux théatres : la femme quittait son mari « pour  mieux comprendre le monde qui l’entoure, trouver ses réponses aux grandes questions de la vie ».

Hier, je suis allée voir au théatre la création de Lorraine Sagazan librement inspirée de cette pièce. Cette fine adaptation à la société d’aujourd’hui que propose Sagazan, avec une femme indépendante financièrement et un mari « à la maison » démontre que l’homme d’aujourd’hui continue à faire joujou avec sa belle poupée.

Je pense que nous ressentons toutes dans notre quotidien ce qu’a voulu dire Ibsen dans cette pièce. Et bien que nous ayons fait des pas de géants en matière de droit, il me semble que nous cherchons encore notre place ici et maintenant. Pour ma part, plutôt qu’incriminer les hommes, il s’agit pour nous de réfléchir à ce qu’est cette place que nous cherchons. Ce que le féminin vue par le féminin peut réellement apporter au monde.

A date, il me semble que la femme est allée jouer sur le terrain des hommes et en est arrivée par vouloir conquérir l’avoir, la réputation et le pouvoir. Elle a démontré qu’elle est tout aussi capable (tout en gardant son rôle de mère, d’épouse et sa beauté plastique naturelle et je vous reporte à l’excellente introduction sur la femme parfaite de Sagazan dans sa pièce). Et pourtant, dans le modèle de la femme proposé par  les grands médias, nous sommes toujours dans la représentation des hommes. Et surtout, y trouvons-nous réellement le bonheur à être ?

Pour ma part, je pense que nous aspirons à plus que cette représentation des choses du monde. Reliée par l’enfantement à la Nature, et comme Ibsen l’écrit si bien dans la fin de sa pièce  : « la femme éprouve le besoin de répondre aux grandes questions de la vie ». Comme par-exemple, qu’est ce que se sentir vivante ?… L’important sont-ils réellement l’avoir, la réputation et le pouvoir ?… Qu est ce que la liberté  ? … Qu’est ce que l’être au monde ?… Quelles sont nos évaluations sur les choses ?….  La mort est-elle si terrible ?… Comment se libérer des représentations ?…. … …

Autant de questions auxquelles la femme dans sa chair doit chercher réponse. Et enfin s’accorder à l’homme pour que nous puissions vivre ensemble une véritable alliance s’il le souhaite toujours.

Arrêtons d’incriminer les hommes et ne soyons plus de simples poupées entre leurs mains. Prenons en charge notre responsabilité et cherchons chacune notre vérité pour apporter nos réponses car on voit déjà assez d’hommes sur cette terre du sommet des montagnes.

La pièce se joue jusqu’au 15 oct. 2016 au théatre de Vanves

Renseignements / billetterie 01 41 33 93 70

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